La mobilisation

La mobilisation
samedi 17 novembre 2012
par  claude thollon-pommerol

A la déclaration de guerre Pégoud qui devait partir faire une tournée aux Etats-Unis est mobilisé comme réserviste.

Contrairement  beaucoup de pilotes civils il sera rapidement affecté en escadrille. Son statut de réserviste, sa notoriété, mais aussi ses relations avec les pilotes militaires expliquent cette situation. Comme réceptionneur chez Blériot, il a régulièrement côtoyé les pilotes militaires venant prendre livraison des commandes de l’armée.

« Le 21 juin 1913, le Capitaine Jacques Faure et les Lieutenant Marie et Gouin ont rejoints par la voie des airs, venant de Saint-Cyr, la commission des marchés de l’établissement de Chalais-Meudon, composée du Capitaine Destouches, des lieutenants Marcel Boucher, Edmond Gaubert ...

A bord d’un Blériot biplace en tandem, les pilotes Pégoud et Domenjoz ont emmené successivement tous les membres de la commission comme passagers, puis les deux officiers ont piloté eux-mêmes. La commission a adopté de façon définitive ce modèle de Blériot en tandem pour les prochaines commandes de l’aéronautique militaire.  »

14 ao »t 1914

Place de Verdun

Après la période de concentration la 3ème Armée se développe au nord, nord-est de Verdun en prenant appui sur la Place Forte. Du 14 au 21 elle fait mouvement vers le nord-est pour s’organiser sur la ligne Pont- -Mousson Chambley, Etain, Jamets.

Le 6ème Corps d’Armée s’est déployé dans la région Fresne en Woevre, Etain  l’est de Verdun

Les escadrilles sont stationnées  Verdun.

Note de service : « 13h15. Cet après-midi arriveront par la voie des airs, de Paris, deux aéroplanes montés par Pégoud et Garros  » (Journal des Marches et Opérations du sous-secteur Bois Bourru.)

Les aviateurs célèbres sont remarqués, ceux qui ne le sont pas encore le deviennent. Mais, erreur, le rédacteur de la note a confondu ou mal compris le message téléphonique. La popularité de Garros fait de l’ombre  Garaix, soldat, arrivant avec son appareil « expérimental  » Paul Schmitt. JPEG - 35.4 ko

(Cahiers de Comptabilité en Campagnes. Escadrille MF 7. 4ème trimestre 1914)

Le 14 Pégoud arrive donc en renfort de l’aviation de la Place Forte de Verdun avec celui qui restera son mécanicien en premier : Lerendu, accompagné de son mécanicien en second : Valentin.

Il est venu avec son appareil Blériot, et est rattaché  l’escadrille HF 7 dotée elle d’appareils Henry Farman.

Le lieutenant Gautier, commandant de l’escadrille 7, blessé lors d’une reconnaissance, a été évacué sur l’hôpital de Verdun. Il est remplacé  la tête de l’escadrille par le capitaine Henri Vaudein.

Le Blériot de Pégoud sera bien utile pour renforcer l’effectif mis  la disposition du Centre d’Information Aérienne. Durant cette période, en effet, les escadrilles sont directement sous les ordres du renseignement et ne seront « rendues  » que plus tard aux Armées et Corps d’armée.

Première mission : Lancer de tracts.

C’est donc pour le GQG (Grand Quartier Général) que Pégoud effectue sa première mission : Lancer des tracts au-dessus des territoires lorrains sous administration allemande. La guerre psychologique est lancée ! Il faut expliquer aux populations que seule l’ALLEMAGNE PORTE LA RESPONSABILITE DE LA DECLARATION DE GUERRE.

Le mauvais temps contrarie ensuite le travail de l’aviation et aucune mission n’est effectuée jusqu’au 18.

Le 18 ao »t Pégoud emmène le capitaine Labordère pour une mission d’observation dans la région de Sierk. Cette mission signale des villages occupés, mais ne décèle aucune activité importante.

Le 19 c’est le capitaine Burg que Pégoud emmène profondément dans le territoire allemand au-dessus du Luxembourg jusqu’ Grevenmacher.

Le rapport d’observation note entre 9h et 9h30 la vision d’un régiment puis d’une brigade d’infanterie ainsi que d’un groupe d’artillerie.

Si l’on en croit la presse, cette mission de reconnaissance du 19 était une mission offensive d’observation accompagnée de bombardement dans laquelle l’avion fut pris  parti par la défense allemande et abondamment canardé. Bombardement est  l’époque un bien grand mot car les projectiles lancés sont presque dérisoires et souvent improvisés. Pas de lance-bombe, pas de viseur, des obus de 90 "réformés"...

Pégoud ne participera pas aux missions de renseignement du lendemain : il doit remplacer son avion et se rend pour cela  Paris.

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